Le dernier prosumer consacré à l’argent est super, comme d’habitude

Les études Prosumer sont rares, donc les études Prosumer sont précieuses.

La dernière édition consacrée à l’argent est bourrée d’insights (à tel point qu’on finit par se demander pourquoi ces études sont rendues publiques).

Morceaux choisis :

Le shift extraordinaire entre la confiance dans l’avenir des pays développés vs. les pays émergents. L’énergie de l’avenir est ailleurs.

purchase power prosumer

L’étonnant succès des valeurs frugales, autre signal du ré-équilibre entre les idées d’occident et d’orient. frugality prosumer

Le titre de celle ci dit tout (même si la slide suivante précise que les gens concèdent à partager des données contre des contenus gratuits).

private data prosumer

L’économie du partage nous a transformé en commerçants (de la même manière que les réseaux sociaux nous ont transformé en marques).

sharing economy prosumer

Bref, n’hésitez pas à parcourir cet excellent document.

L’économie collaborative fait l’unanimité en France, de manière transgénérationnelle

sharing economie france

Des chiffres intéressants sur la perception de l’économie collaborative chez les Français issue d’une étude du Syntec numérique.

On aime d’abord la dimension économique naturellement, mais aussi rencontrer des gens et polluer moins !

Point complémentaire qui ne figure pas dans ce graphique mais qu’on aime beaucoup : 82% des Français trouvent que l’économie collaborative c’est cool, sans distinction d’âge.

Among younger adults, ages 18 to 24, 85% approved, but 82% of seniors ages 65 and older also gave it the thumbs up.

Pour mémoire, voici l’étude Prosumer sur la sharing economy.

On adore se moquer du concept d’uberisation de l’économie, autre nom du néo-libéralisme galopant

clara gaymard

Ce document est une pépite concentré jargonisant (les grands obstacles à la disruption étant la fiscalité et la réglementation…) emblématiques des fantasmes et des incohérences qu’inspire l’uberisation de l’économie.

Il a cependant l’agréable vertu de ridiculiser ce concept dont on ne répétera jamais assez le véritable objectif : déréguler et individualiser l’agent économique (même Deloitte ne se hasarde pas à parler de création de valeur, cf slide 10), endommager le vivre-ensemble au nom de la « disruption » des vieux acteurs.

Ces mêmes vieux acteurs dont on est quand même content de pouvoir utiliser les infrastructures – Amazon ou Uber n’iraient pas bien loin sans La Poste ou le réseau routier… – pourtant pointée du doigt par les Uber de l’économie.

On s’emmêle définitivement les pinceaux au moment où le document se met à parler de GE ou P&G, confondant sans détour l’économie on-demand (aka. le secteur tertiaire), de la collaboration (modèles P2P) et les méthodes de management innovantes et horizontales.

Bref, un ramassis d’idées reçues à prendre avec des pincettes. D’ailleurs les consommateurs ne s’y trompent pas : ils voient avant tout dans la sharing economy une opportunité de regagner du pouvoir d’achat.

Dommage, les slides sur l’innovation sont claires et intéressantes.

Usages pirates de Netflix: finalement pas si graves

users netflix

Une étude montre que dans les foyers abonnés à des services de streaming payant type Netflix, Hulu, Amazon Prime, on ne partage pas tant que ça ses passwords.

Environ 10% des spectacteurs Netflix accéderaient au service avec le compte d’un tiers : ami, famille…

C’est peu.

Est-ce pour des raisons de praticité d’avoir son propre compte ? Le bon pricing des offres ? La force de la propriété individuelle?

A l’heure de la sharing economy et du maker age, ce genre de mesquinité est surprenante. Sans doute finalement par ces tendances sont d’essence capitalistique, pas communiste…

Si l’interface logicielle constitue un enjeu stratégique pour les marques, elle n’explique certainement pas le succès d’un business

interface iphone sensible tactile irrité susceptible

Cet article de Techcrunch est un trending topic du moment : The Battle Is For The Customer Interface. On l’aime d’autant plus qu’il est écrit par un homme de qualité : Tom Goodwin, patron de l’innovation d’Havas Media USA.

Quel est le point de ce post ?

Uber, the world’s largest taxi company, owns no vehicles. Facebook, the world’s most popular media owner, creates no content. Alibaba, the most valuable retailer, has no inventory. And Airbnb, the world’s largest accommodation provider, owns no real estate. Something interesting is happening.

Ce que raconte l’auteur, c’est que les marques de demain ne sont pas des providers de hardware mais de software. Ce qui compte ce n’est pas la production mais le service.

Full stack companies like Tesla, Warby Parker, BuzzFeed, Nest or Harry’s seek to ensure control by owning all layers. From R&D to marketing, from distribution to sales, these companies do it all. It’s a great way to keep profit in the family, yet it’s harder to scale and build.

Pour ce qui est des « vieilles » boites qui verticalisent leur chaine de production, l’auteur estime qu’elles auront plus de mal à grossir – scaler – que les interfaceurs. Ce qui n’est ni vrai ni faux : il est évidemment plus long et coûteur d’ouvrir une usine Tesla en Chine que de lancer une application dans le monde entier.

In the modern age, having icons on the homepage is the most valuable real estate in the world, and trust is the most important asset. If you have that, you’ve a license to print money until someone pushes you out of the way. So the question becomes, what are you going to do to stay there or get there? And once there, how do you exploit it?

Là où l’article dérape, c’est en concluant que la clef du succès est d’être sur une homepage de smartphone avec une interface cool. Cela peut être le cas pour quelques start-ups mais cela n’explique rien d’autre.

D’abord parce que sans produit il n’y a pas d’interface possible. On a beau adorer Capitaine Train, ils ne sont rien sans la SNCF. Uber ou Blablacar ne sont rien sans les particuliers. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Ensuite parce que l’infrastructure demeure la seule clef du succès. Que ce soit en terme d’entrepôts pour Amazon (voir à ce titre cette excellente conférence), de data center pour Google, de lignes de terre pour Verizon ou de savoir-faire industriel pour Apple. Que les marques soient digitales ou pas n’y changent rien. Ce n’est pas le succès planétaire de Whatsapp qui change les règles du jeu. Vous ne vous demandez pas pourquoi les investisseurs de Wall Street ne sont pas dans la Silicon Valley?  Ou pourquoi Warren Buffet n’a pas misé un kopek sur une seule boite logicielle?

Finalement parce que culturellement, la sharing economy (voir infra) ou la hype du data catching finira peut-être par passer. Parce que les utilisateurs AirBNB finiront par devoir déclarer au fisc leurs revenus, parce qu’on se rendra compte qu’au nom de la liberté d’entreprise Uber détruit nos emplois façon Mittal, parce qu’on finira par se rendre compte qu’aucune de ces boites ne génèrent d’argent autrement qu’en exploitant vilainement nos données perso.

Bref. Point de vue intéressant mais péremptoire ce qui en atténue la portée. Dommage. D’une fine analyse, cela devient un prêche.