10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #302

1.Les voitures Bugatti sont tellement chères que leurs clients possèdent en moyenne 83 autres voitures, 3 jets et un yacht.

2. 75% des films américains réalisés avant 1929 ont été détruit, car personne n’en voyait la valeur commerciale.

3. Les classes populaires voteraient contre leur intérêt par peur d’être les *derniers* : c’est ce qu’on appelle la last place aversion.

4. Plus d’un million d’euros par an sont récoltés dans la fontaine de Trevi. Merci Virgile

5. Faire de la perruque provient du jargon des ouvriers : c’était travailler caché, en douce, dans un atelier. Merci Olivier

6. La nom de la marque ACNE = ambition to create novel expressions (source M le Magazine de la semaine de Pâques).

7. L’Australie accueille 20% des machines à sous mondiales.

8. Pour lutter contre le blanchiment et la fraude, le gouvernement de Taiwan a transformé chaque ticket de caisse en billet de loterie.

9. Les personnages de dessin animés ne comportent traditionnellement que 4 doigts, pour des raisons de coût (ça prend moins de temps).

10. 36% des utilisateurs d’assistants vocaux (Amazon Alexa, Siri, Bixby…) disent aimer leur appareil comme si elle était une vraie personne.

Le futur du search en 5 pistes de réflexion

Du grain à moudre sur le futur du search.

  • L’intégration des signaux faibles (qu’on regarde de près également en ciblage média)
  • Le développement des requêtes complexes* (cf. cet exemple infra qui va nous apprendra à parler come un algo); On dit que 20% des requêtes quotidiennes sont inédites. Depuis 15 ans. Multiplié par un milliard d’utilisateurs.
  • L’utilisation de l’historique de navigation pour faire des prédictions contextuelles, façon google now.
  • L’interopérabilité des objets recherchés sur les différents devices (où Google adresse une pic agréable à ses detracteurs en nous rappelant que les s’il est mauvais en recherche dans les apps mobiles, peu de recherches se font 100% dans les apps mobiles)
  • L’intelligence artificielle, ou la quantité incroyable de données stockées et enregistrables par un smartphone.

Cache-misère des limites du search, Siri est un miroir des croyances humaines

Siri est un leurre. La manière dont il impose la formulation des requêtes constitue sa force et sa faiblesse :

  • D’un côté, il répond au doigt et à l’oeil, possède un sens de l’humour presque amusant.
  • De l’autre, il exploite un outil de reconnaissance vocale vieux comme le monde et parvient tout juste à formuler des recherches grâce à l’éducation que nous a donné Google.

Siri lance des recherches mais ne comprend rien à ce que nous lui demandons, contrairement à ce que la pub ou la culture nous montre :

Siri ne comprend pas le sens ou l’orthographe des mots, décode tout juste la syntaxe, n’entend ni les intonations, ni le second degré, ni les espacements, ni les mots compliqués, ni la nature des interlocuteurs… Son fonctionnement est le même qu’une barre de recherche Google à garnir de keywords. Si les mots ne comptent que pour +/- 7% de la communication, leur usage dénué de sens les dépossède de leur faible pouvoir. C’est tout l’enjeu du futur du search (article à lire absolument).

Grâce à son UX* innovante, Siri parvient à nous faire croire qu’il est une intelligence artificielle. Ce qui est faux et génial à la fois.

[On remarque au passage comme Siri s’inscrit dans la philosophie Apple des machines qui doivent se mettre au niveau des hommes : peu importe les fonctions (aka. tous les ordinateurs font la même chose), tout est question d’interface et de simplicité.]

Le rôle de Siri est d’alimenter le mythe de l’intelligence des acteurs de l’internet.

Le quidam est impressionné par les potentiels ouverts par les technologies, l’instrumentalisation des données ou les produits commercialisables par Facebook et Google. Tout semble possible. De nombreux éléments créditent ces visions : publicité individualisée, connaissance affinée des besoins des internautes, prédiction d’évènements…

Les acteurs de l’internet sont bernés par leur propre enthousiasme et rêvent d’un futur façonné par des romans de science-fiction. Pour des spécialistes du lean et des pivots, c’est gênant.

En outre, tout le monde sait que le search est en plein crise d’adolescence : les technoptimistes ont rangé dans les cartons le délire du web 3.0 (sémantique. ie. capable de comprendre nos recherches), la piste sociale galère également (merci les subterfuges). La publicité est vendue à la tonne et les choses n’évoluent pas aussi vite que prévu.

Comme au 18e siècle, Siri nous fait croire à des choses impossibles à réaliser par des machines.

De mechanical turk au culte du cargo, tout change et rien ne change.

* Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’UX, une dimension des métiers du marketing/communication :

 

Siri va t-il imposer l’emploi de stratégies de naming adaptées?

Le dernier article d’InternetActu fait allusion aux nouvelles pratiques générées par Siri. Incapable d’interpréter les tonalités de la voix, l’intelligence artificielle du dernier iPhone réclame une diction précise de chaque mot et de chaque signe de ponctuation pour composer une phrase.

Seras-tu prêt à midi point d’interrogation

L’auteur de l’article – Nick Wingfield – relate l’expérience d’un type qui cherche l’adresse d’un débit de boisson nommé Coffee Bar via Siri. Répétant à l’envi coffee bar, coffee bar, coffee bar à son smartphone, un de ses voisins l’interpelle, excédé : “Eh mec, t’as qu’à dire Starbuck”.

Voici l’intérêt d’avoir un bon nom de marque.

La question s’est déjà posée lors de l’avènement de Google et des mots clefs (coffee bar a peu de chance de remonter dans les requêtes à moins d’être copieusement pleusseouané) ou même plus tôt lorsque les marques se sont internationalisées.

Aujourd’hui, Siri remet le débat sur l’orthographe et la prononciation d’un terme au goût du jour. Si son usage devait se populariser (ce qui serait entre nous assez étonnant), nulle doute que les marques devront oeuvrer pour faciliter leur diction.