La logique capitalistique du dédipix

Dedipix est le mot le plus fréquemment tapé dans les recherches menant à ce blog.

Il était temps de rendre à César ce qui lui appartient, en formalisant quelques pensées relatives à cet usage.

Qu’est ce qu’un dedipix? On en parlait rapidement ici il y a quelques semaines. Grosso modo, il s’agit d’une photo représentant le pseudonyme de son émetteur écrit sur un morceau du corps, posté sur son blog ou par SMS/MMS.

Qu’est ce que cela inspire?

  • Le dédipix est un pont entre le réel et le virtuel : il confronte le corps (dimension matérielle), le pseudonyme (immatériel), l’image (immatérielle) et le support (internet, immatériel).
  • Le dédipix participe à l’individuation : poster des images de soi aide à prendre conscience de son existence aux yeux des autres
  • Le dédipix se plie aux règles induites par les médias : en public (sur le web), je reste relativement pudique, en privé (sur mobile), je me montre plus directement (sexting, etc.)
  • Le dédipix est adolescent : dans son désir de flirter avec l’interdit et chercher ses limites, notamment face aux accusations d’interactions pédophiles, sans parler des craintes suscitées chez les parents.
  • Le dédipix est un pur produit du read write web (web participatif) : en postant des représentations d’eux, les dedipixeurs attendent des réactions, réagissent aux commentaires, modifient ou font évoluer les contenus de leur blog.
  • En ce sens, le dédipix est communautaire, il est un levier de socialisation et de partage.
  • Le dédipix répond à une logique d’audience. Outil pragmatique, il invite les internautes à “lâcher du com”, ie. faire le plus de commentaire possible sur le blog hébergeant l’image, afin de faire grimper ses statistiques de vues.
  • Le dédipix est un effet d’usage : il illustre la relation de liberté entretenue entre un objet et ses utilisateurs. Tout est question d’usages, on ne le répètera jamais assez.
  • A ce titre, le dédipix est une devise, ou une monnaie d’échange. “Une cuisse vaut moins cher qu’un sein”. La dédipix répond à une logique capitalistique visant une transaction.

Pour conclure, rien de tel qu’un petit florilège :

Lycos est mort

C’est une page de notre jeunesse qui se tournait en fin de semaine. Le moteur de recherche Lycos a fermé ses portes. Il emporte dans sa tombe l’un des marronniers des discussions we are the 90’s : Caramail.

Lycos n’aura jamais réussi à refaire son retard face à Hotmail, Yahoo ou Skyblog.

Pour le plaisir, voici un spot datant d’une ère glorieuse où une entreprise française pouvait s’offrir Kournikova en télé ET aux Etats-Unis…

Jusqu’où iront les marques?

Ce matin, j’ai un peu honte de faire du marketing, tant les marques s’emploient parfois à prendre les gens pour des cons. Style Rookie est la dernière folie de je ne sais quel annonceur, je vous promets de vous révéler son identité à l’occasion.

Je n’ai pas l’oeil assez fin pour décoder les créations et déceler quel créateur pour pré-ados est derrière ce vrai/faux blog tenu par une gamine de 12 ans.

Je me permets toutefois d’exprimer de sérieux doutes quant à l’authenticité des articles publiés (sans aucune faute d’orthographe) sur un blog à la mise en page léchée et irréprochable (faut-il vous linker quelques exemples de skyblogs pour illustrer les talents de mise en page d’un jeune de 12 ans normalement constitué?), sans parler des shoots, tous aussi faussement-bien/mal cadrés les uns que les autres.

Que cette petite Tavi soit mignonne et joue bien avec l’objectif de son appareil photo, why not. Encore que (les teintes très polas sont peut-être issuees d’un traitement photoshop…).

Mais l’hyper homogénéité du blog, la régularité des posts, le professionnalisme général, etc. C’est difficile à avaler.

Ceci dit, j’en parle et c’est le plus important non?

Via Café Mode.