A la surprise générale, il trouve un truc intéressant dans le *design in tech report*

Je ne sais pas quoi penser des rapports Design in tech de John Maeda. Ah si. De manière générale je les trouve mal construits et aussi inspirants qu’une séance d’astrologie. Je ne comprends surtout pas leur popularité… Mais après 350 000 vues, ça méritait un petit examen.

Voici quelques trucs intéressants :

Une taxonomie simple des 3 grandes familles de design. Je suis sceptique vis-à-vis du design thinking (un énième repackaging de méthodes empiriques ancéstrales) mais le computational design attire l’attention, a fortiori quand on travaille dans l’IA…

…Ce petite comparatif aide d’ailleurs à comprendre les différences entre le design objet et le design computationnel. Cela ressemble à l’idée qu’on peut se faire d’une big idea à l’èpoque d’internet : un socle idéologique commun, une multitude de cas d’usage d’activation, une capacité infinie à muter et s’adapter aux interactions qu’elle héberge.

Last but not least : cela n’a rien à voir avec le sujet (John Maeda n’est clairement pas designer de ppt) mais ces résultats expliquant l’échec des startups est amusant. A fortiori quand on les entend raconter comment elles réinventent les process, les métiers et les marchés…

Bisous bonne journée.

Empty Pocket #5 : week 12

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Couple of nuggets from the past week:

A faithfull description of new economy artefacts where NGOs will take a ball game: gig economy, sharing economy, collaborative consumption by Mr. Jeremy Rifkin. The Rise of Anti-Capitalism

What’s best? being right or being President? Unfortunate pioneer of suncessfull follower? Copycat Business Model Generates Genuine Global Success for Start-Up Incubator

A compilation of the best sceptic quotes from – sometimes important – people facing new tech during the 20th century: radio, television and cinema. Confounding Machines: How the Future Looked

And then we all clapped politely because we were all rather frightened of television. I think the trouble was that we believed that, if they could make this film, they could see into our houses. We could see them; they could see us.

Even very partial, this op-ed from John Winsor (Victors & Spoils CEO) asks if a new wave of creatives can find a new path over advertising’s creative elites presiding a protectionist system that breeds conservativism and stifles creativity. Agencies are becoming a closed, shrinking creative system

Oddly good advices to steal techniques from Start-ups at SXSW. 5 Things Marketers Can Learn From the VC Pitch

Interesting portrait of Bill Bernbach and his philosophy of advertising, still strongly used by DDB today. How Bernbach changed everything

Le nouvel âge d’or de l’artisanat signale la fin de l’effet de diligence digital

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Pas la peine d’avoir un oeil du lynx pour observer l’état des métiers artisanaux. Les secteurs primaires et secondaires pèsent moins de 20% des jobs en France et dans la plupart des pays occidentaux. A de rares exceptions près, ils peinent à recruter et suivent un inexorable déclin depuis des années.

Chaque tendance porte en son corollaire son opposé : on assiste à l’émergence de nouveaux avatars primaires et secondaires. De l’agriculture (urban gardening, AMAP, localisme, bio, etc.) et de l’industrie (makers, arduino, impression 3D, made in France, etc.). Le tertiaire n’est pas épargné par ce besoin de faire les choses (ou du moins de se les réapproprier, façon hacking).

L’exemple des entreprises ouvrant/soutenant des incubateurs est emblématique (même Seb a un fond d’investissement pour les startups de food!), cf. ce film incroyable pour celui de Nike :

La dématérialisation des biens de consommation qui fait suite à la standardisation globalisée des 50 années d’après-guerre est en train de générer un nouvel âge d’or – ou du moins un nouvel appétit – pour l’artisanat.

Chaque seconde nous rappelle aux limites du tout-industriel. Tout ne peut pas être dématérialisé. Même si demain nous téléchargeons nos maisons sur bittorrent, il y aura toujours besoin des gens pour fabriquer des prototypes.

L’émergence du métier de creative technologist est symptomatique de ce nouvel artisanat mêlant fabrication manuelle, création de service, design d’interface.

Au passage, on constate que cette discipline se joue des frontières de classification des métiers : le CT est primaire, secondaire et tertiaire à la fois. Cela fait partie des choses qui bougent sous l’impulsion du numérique.

Le CT est symbole de la maturité de la révolution digitale. Il en signale la fin de l’effet de diligence : jusqu’à présent, le digital copiait l’industriel. Désormais, c’est l’inverse. Même les artisans s’y mettent en partageant leurs modèles, leurs API, leurs techniques. C’est l’heure du crafting open source, incarné par des nouveaux espaces de créativité façon ICI Montreuil.

Les marques qui tirent leur épingle du jeu à notre époque ont compris la valeur d’une relation d’égal à égal avec les gens. Leur marketing s’en trouve changé. Les marques inspirent, stimulent, soutiennent. Le contraire des discours unilatéraux et autocentrés. Il ne s’agit pas uniquement de passer un vernis participatif sur la vieille pub mais d’envisager les milliards d’humains comme autant de sources d’innovation et de chiffres d’affaire. La relation est gagnant gagnant.

Donner les moyens aux gens de faire des trucs qui dépassent la frime et l’égotisme (l’apprentissage d’un savoir-faire, d’un métier, donner des idées, réhabiliter des matériaux…), voici un beau projet pour les marques.

La créativité capitalisée

Boris

Voici une nouvelle qui n’a pas de quoi étonner les plus cyniques d’entre vous en matière de pratiques capitalistiques. Boris Grishenko faisait la nique au MI6 en 1996, aujourd’hui, il code du ruby on rails au service de sa Majesté.

La réduction des coûts enjoint aujourd’hui – parait-il – certains marketeurs à délocaliser leurs studios de création graphique dans des pays où sévissent des coûts du travail assez sévèrement cutés.

L’âge d’airain des startups installées dans de luxueux lofts et débauchant à prix d’or les meilleurs designers de la place pourrait bien entamer sa phase de rationalisation.

Le développement de l’outsourcing de la création s’inspire en effet de ses pairs spécialisés dans le offshore programming, qui ont franchi le pas depuis longtemps en confiant leur code chéris à des geeks basés en Sibérie ou dans les pays de l’ex-union soviétique.

Outsourcing has hit Madison Avenue, vu sur le Wall Street Journal