Tout décomposer en data = comprendre le monde

Voici l’histoire d’une bande de chercheurs qui s’est amusée à identifier les grands schémas émotionnels de storytelling grâce à une IA.

Leur méthode de recherche est inspirée de celle de l’écrivain américain Kurt Vonnegut* dont voici une illustration.

 Le modèle est assez simple : en abscisse on a le temps, en ordonnée la chance. En bleu, la *trajectoire émotionnelle* de l’histoire.

Les chercheurs sont repartis de ce modèle pour modéliser les bouquins du projet Gutenberg. Voici les 6 schémas récurrents :

  1. Rags to Riches (rise)
  2. Riches to Rags (fall)
  3. Man in a Hole (fall then rise)
  4. Icarus (rise then fall)
  5. Cinderella (rise then fall then rise)
  6. Oedipus (fall then rise then fall)

Sans rentrer dans les détails de leurs trouvailles, je trouve fascinant la capacité des scientifiques à s’attaquer à n’importe quel type de problématique.

La quantité de données disponibles dans la nature conjuguée à la loi de Moore permet de partir à la recherche de patterns inédits.

Une bonne méthode, quelques cerveaux, une bonne base de données et c’est parti pour l’aventure.

Autrefois réservées à des domaines *sérieux*, l’IA va contaminer tous les champs de recherche et faire apparaitre des tas de choses invisibles à l’oeil nu.

L’IA est un medium, prompt à inspirer la recherche, l’art, le quotidien, le marketing. Tout.

Allez venez.

*Pour les curieux de la méthode de Vonnegut :

Un jour il y aura des copywriters spécialisés dans les notifications mobiles

Je ne suis pas un grand fan de Tom Goodwin même s’il faut lui reconnaitre un certain talent de storyteller, notamment lorsqu’il convoque des épisodes historiques (mon petit faible) pour mettre le présent en perspective.

Autour de la 14e minute, il résume le point de bascule formidable que le mobile est en train d’apporter dans le marketing.

D’un côté le média le plus puissant et intime de l’histoire. De l’autre des services dont la valeur se construit de plus en plus sur l’intelligence contextuelle. Ca n’a l’air de rien comme cela mais c’est bien des notifications mobiles dont on se parle, dont la vision du monde n’a rien à envier au shift tant aimé de Facebook from search to discovery.

Plus le temps passe et plus les notifications deviennent personnalisées, contextuelles, voire riches (le dernier iOS propose des notifications avec image ou d’autres dans lesquelles on peut directement interagir).

Bref, des boites comme Batch sont en train d’inventer le turfu pendant que tu réfléchis à ton packshot.

Upworthy annonce son pivoting vers la création de contenu façon mea culpa

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On pense ce qu’on veut de Upworthy et autres clickbaiters.

Leur virage vers la création de contenu – comme d’autres avant eux, façon Netflix ou Buzzfeed – est en tout cas opéré avec audace et fracas. Jolie posture de marque.

Jolie leçon de marketing made in Silicon Valley : attract users first, then monetize. Une démonstration par l’exemple de leur capacité à créer une audience. Qu’importe la mise en scène draperienne d’un pivot joué d’avance mais bien raconté (“nous avons créé un monstre“).

On leur souhaite bien du succès.

Le parfum conceptuel ouvre la porte à la long tail de l’odeur

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Cette petite vidéo présentant le parfum conceptuel est rafraîchissante, notamment du point de vue du business.

Le parfum est un produit très immature d’un point de vue marketing. Mis à part la QA ou l’élasticité des prix plutôt bien travaillés jusqu’à présent, les moments, la fréquence ou les nouveaux publics sont délaissés.

En dépassant les ingrédients au bénéfice d’une histoire à raconter, le parfum conceptuel permet de sortir du “sent bon” pour s’ouvrir à de nombreuses nouvelles catégories encore peu valorisées : lessive, déodorant, désodorisant…

Il y a un million d’idées à développer.

Bravo Mathilde pour cet exposé :

Sexual Chocolate : cas d’école d’une stratégie d’augmentation des occasions de consommation

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Tout est intéressant chez SLO Down Wines.

1. La jeunesse et le dynamisme de la culture vin aux US évente les conventions importées de France : la couleur de la bouteille, l’étiquette, l’appellation, le domaine, le producteur, le coteau*. On n’hésite pas à y inventer des marques, les cépages qui font le choix, la constance du nez y est récompensée (on se souvient aussi de Paso Wine).

2. Quand on est un David sur un marché de Goliath, rien ne sert de courir, il faut la jouer fine.

3. Rien n’est plus arbitraire que l’appréciation d’un vin, tout est question de storytelling.

4. La stratégie d’implantation du vin outre-Atlantique étant passée par les accords mets-vins, le marché se trouve aujourd’hui bridé par la déstructuration totale des repas, supplanté par des séances de snacking. Chaque semaine offre seulement une voire deux occasions de vendre du vin.

Question : comment développer la consommation d’un produit dont la rareté des occasions de dégustation invite les gens à ne pas prendre de risque?

La réponse du challenger :

Parler aux 99% et s’associer à des moments hors-table. D’où le nom de la cuvée unique du groupe : Sexual Chocolate. D’où cette série de films invitant à faire sortir le vin des repas dominicaux, accompagnée du hashtag #goesgreatwith invitant les gens à imaginer les accords les plus fous et les plus personnels.

* bonus souvenir :