Votre entreprise n’innove pas assez? Elle est frappée du complexe de Dieu

On aime beaucoup ce TED talk de l’économiste Tim Harford.

On y parle de darwinisme, d’empirisme et de déisme.

Le complexe de Dieu, c’est ce syndrome qui pousse les gens à ne jamais se remettre en question. A ne plus regarder sur les côtés mais à se persuader que leur vision des choses est juste et immuable.

Une jolie métaphore du quotidien d’une entreprise.

More revelations to come: a few thoughts on Snowden

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Don’t know what to assume of recent talks Edward Snowden gave to TED/SXSW recently aside from some bipartisan thoughts.

Besides being a hero showing up on stage inside a robot from hit Russian asylum, his commitment towards the defence of privacy raises lots of questions.

First and foremost, let’s not forget that privacy is historically tied up with industrial revolutions, which fostered the very notion of Individual. You don’t have to hate privacy to observe that we probably never enjoyed as individual privileges and rights as today (exposure means secret). Our tolerance towards violations is just growing more scarce. Hence in a necessary way, Ed is tilting at windmills.

At 9′, he’s pledging corporations to get rid of governments, or at least to don’t trust them. NSA and Prism are both highly condemnable but do we have to throw the baby out with the bathwater and defy institutions? What’s the alternative? Embrace corporate world as he’s suggesting? Burn flags and create a global village without borders?

I strongly support Snowden initiative to empower people trough tools to protect their privacy but I’m not comfortable when he promotes libertarianism (from his bunker golden jail).

If Snowden point is to make people distrust governments and new technologies, then we should probably turn Amish and hide away from the modern civilization.

As Evgeny Morozov wisely indicates, privacy concerns are matters of balance, not radicalism.

Le triomphe des littéraires : pourquoi la data devient smart grâce au texte

Le meme : une des milles nouvelles écritures née ces dernières années

Pas un jour ne passe sans qu’on nous rabatte les oreilles avec la big data et le nouveau paradigme du tout mesurable. On se quantifie, on travaille son personal ROI, on manage sa maison à distance… Selon les termes des ingénieurs, tout devient smart.

Ce triomphe apparent de la science dissimule avec peine un retour en grâce de la littérature. La data ne naît pas smart, elle le devient, grâce au texte.

Primo, nous lisons chaque jour un peu plus, sous des formes de plus en plus variées : livres, e-books, bd, mangas, magazines, SMS, blogs, réseaux sociaux… N’en déplaise aux totalitaristes et autres obsédés du mono-format : l’écriture n’a jamais été aussi vivante.

Cette multiplication des formats porte en son corolaire une évolution des modalités d’écriture : syntaxes, formats, grammaires et figures s’adaptent petit à petit à leurs nouveaux chez-soi, pour le plus grand plaisir des rédacteurs et des lecteurs. Aucun secteur ne passe à côté de cette aubaine littéraire : les livres et les comics s’adaptent au cinéma, le cinéma se décline en jeux vidéo, le jeu vidéo génère des jeux de plateaux, le jeux de plateaux des jeux télévisés, des jeux télévisés des magazines, les magazines des blogs… Tout le monde inspire tout le monde, c’est l’état de grâce.

Dans les métiers de la communication, si le slogan a perdu de sa superbe, la pub se fait désormais contenu de marque et redonne ses lettres de noblesse au texte : dans des romans, au cinéma, à la télé ou sur des points de vente. On nous propose des expériences, on nous donne des recettes, on nous raconte les histoires des marques, on nous fait lire des manifestos, les codes se multiplient, on gère des communautés en ligne, le jargon vit un âge d’or, une auto-régulation se met en place…

Tout est texte, tout est langage.

Vive l’écriture !

MàJ : un point de vue sur les algorithmes.

Quand une photo de nous ne nous plait pas, c’est quelle se trouve dans l’uncanny valley

La théorie du vendredi nous vient du photographe James Duncan, portraitiste attitré des conférences TED. Selon lui, il existe une explication assez simple au fait que dans la plupart des cas, nous jugeons nos portraits ratés.

Si nous estimons qu’un cliché ne nous ressemble pas, c’est qu’il ne correspond pas à l’image que nous avons de nous. L’image que nous avons de nous est très personnelle puisqu’elle consiste en un mix entre notre reflet de miroir inversé mâtiné des quelques images d’identité auxquelles nous sommes habitués (ex : votre photo d’ID sur votre passeport, votre avatar Twitter…).

Une photo de nous qui ne nous plait pas ne correspond juste pas à l’image que nous avons de nous (souvent pour des questions de symétrie due à cette image produite par un reflet de miroir inversé). Mieux, le photographe opère un rapprochement avec un phénomène bien connu des cinéastes d’animation et d’anticipation : l’uncanny valley (on en parlait ici).

La vallée désigne les ravins de la courbe qui schématise la nature de notre perception des représentations d’individus. Exemple : un personnage Lego est un humanoïde très schématique. A l’inverse, un portrait photographique est une représentation très fidèle de la réalité. Entre les deux, les zones grises où la représentation n’est pas assez schématique ou trop proche de la réalité produisent un sentiment de dégoût chez les gens. Nous avons l’impression d’avoir à faire à des monstres ou à des morts-vivants.

Les cinéastes en sont familiers car pour représenter un humain en images de synthèse, il convient d’être assez figuratif sont trop être proche de la réalité sous peine d’effrayer les gens. L’exemple cité par Duncan est celui de Woody de Toy Story dont la ressemblance avec les hommes a été volontairement gommée pour qu’il ait l’air sympa.

[C’est aussi l’effet que me faisaient les poupées de porcelaine dans les vieux magasins de jouets quand j’étais enfant. Trop bizarrement ressemblantes aux hommes, un peu flippant donc. Même observation pour les statues du musée Grevin ou les sosies.]

Selon James Duncan, nos portraits qui ne nous plaisent pas se situent dans la uncanny valley.

Deux exemples d’utilisation intelligente de l’effet amplificateur du web

Contrairement à la manière dont les choses sont organisées dans les entreprises, le web n’est pas un canal ou un territoire à part. Il reflète des structures sociales existantes (cf. l’intéressante distinction entre communauté et réseau social ou cette note de Pierre Mercklé).

Dans cette perspective, il est intelligent d’utiliser le net comme amplificateur de phénomènes qui lui pré-existent. Ces deux cas de marketing viral rebondissent sur un vecteur de bouche-à-oreille presque aussi vieux que le monde : les salons de coiffure.

Dans un cas, TED annonce un cycle de conférence :

Dans l’autre, Philips sensibilise aux charmes de la moustache en Asie :

A moins d’y consacrer des années et des hectolitres de sueur, créer de toute pièce un dispositif viral a plus de chance d’être efficace en s’appuyant sur un environnement culturellement open à la propagation de l’information.

Même dans le village global, il y a des lieux où on papote et des lieux où on se tait.