Elon Musk est triste

En contraste à la sobriété improbable du selling pitch Uber posté hier, j’avais envie de poster au sujet d’un type que je trouve pathétique en plus d’être ringard : Elon Musk.

Son talent entrepreneurial n’est pas à discuter. Paypal était une boite incroyablement en avance – on se demande d’ailleurs ce qu’ils ont foutu pour ne pas devenir la fintech ultime  – Tesla également, tant d’un point de vue automobile que sociétal (on pourra un jour évaluer l’impact de Tesla dans l’acceptation de l’électricité comme source fiable et robuste d’alimentation énergétique dans le monde).

Toutefois, d’un point de vue de la communication, Elon Musk est assez mauvais. D’ailleurs en vérité, la communication de ses produits est bonne. C’est la communication du personnage qui est ridicule.

Alors que le chic du chic est de s’engager à reverser sa fortune aux populations défavorisées, à trouver un remède au cancer, à rester discret – cf. le projet de Bezos sur le tourisme spatial, tout honteux de silence. Alors que la Silicon Valley profite coupablement de l’élection de Trump dans un couvre-feu médiatique inhabituel, alors que la diversité dans les entreprises enflamment les débats, Musk s’engage dans des combats franchement grotesques : envoyer les gens sur Mars (pourquoi sauver la planète avec tes batteries si tu veux te barrer bouffon?) lutter contre les robots tueurs, construire un TGV supersonique…

Ces fantasmes puérils font fi des sanctions boursières des moonshots de Google (forcés de créer la holding Alphabet par les investisseurs les invitant à arrêter leurs fantasmes adolescents), font fi de l’ambiance économique socioculturelle sordide, font fi de la décence. Il faut dire que l’homme n’a jamais caché ses penchants libertariens, développés notamment avec son petit pote Peter Thiel – autre génie maléfique de la Valley, seul support digital de Trump durant les élections – quand il était chez eBay (souvenez-vous que Paypal était une filiale de eBay) et qu’ils se verraient déménager leur fortune sur une île sans loi ni impôts.

C’est sans doute la rançon des introductions en bourse et de la médiatisation que de devoir click baiter la presse internationale en surenchérissant sans cesse.

Mais quand même, moi je trouve que ça commence à faire pitié.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #316

1. Le fantasme du pedal pumping.

2. L’afghanistanisme désigne l’habitude de certains pays de se concentrer sur des problématiques étrangères lointaines en ignorant ses problèmes locaux.

3. Rolls-Royce est la marque automobile la plus citée dans le hip-hop durant les 3 dernières années.

4. Le destin tragique des chèvres des Galapagos.

5. Tesla absorberait 40% de toutes les retombées presse dans la catégorie automobile.

6. Originellement, le boulevard est un ouvrage de défense.

7. Le mouvement ultra-bling des iceberg homes londoniennes.

8. Accenture Interactive va réaliser 6 milliards de dollars de CA en 2017, soit plus que le groupe Havas.

9. L’évergétisme est une pratique de notables consistant à faire profiter la collectivité de leurs richesses. Merci Bran

10. Le feu de patient. 😬

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #296

1.A la manière du canular d’Orson Welles à la radio, la BBC a diffusé ce documentaire sur les cueilleurs de spaghettis en 1957 pour forcer les gens à développer leur esprit critique.

2. Elon Musk n’est à l’origine qu’un investisseur de Tesla. Il a rejoint la société an après sa création en 2003. Les fondateurs sont Martin Eberhard et Marc Tarpenning.

3. Les encorbellements ont été inventé pour contourner le fisc, qui calculait les impôts locaux sur la surface au sol des logements.

4. La Sega Master System continue à sortir des jeux au Brésil.

5. De l’encre de stylo issue de gaz d’échappement.

6. Le fond d’écran Android du LG G6 est une vraie photo.

7. Les vieilles méthodes anti-piratage utilisées par les jeux vidéo.

8. Les dealers mexicains envoient leur dope aux USA via des patators géants.

9. L’intégralité du chiffre d’affaire de Mitsubishi pèse 10% du PIB du Japon.

10. Historiquement, un métis est l’enfant d’une union indien-blanc ou asiatique-blanc. L’enfant d’une union noir-blanc est mulâtre.

Si l’interface logicielle constitue un enjeu stratégique pour les marques, elle n’explique certainement pas le succès d’un business

interface iphone sensible tactile irrité susceptible

Cet article de Techcrunch est un trending topic du moment : The Battle Is For The Customer Interface. On l’aime d’autant plus qu’il est écrit par un homme de qualité : Tom Goodwin, patron de l’innovation d’Havas Media USA.

Quel est le point de ce post ?

Uber, the world’s largest taxi company, owns no vehicles. Facebook, the world’s most popular media owner, creates no content. Alibaba, the most valuable retailer, has no inventory. And Airbnb, the world’s largest accommodation provider, owns no real estate. Something interesting is happening.

Ce que raconte l’auteur, c’est que les marques de demain ne sont pas des providers de hardware mais de software. Ce qui compte ce n’est pas la production mais le service.

Full stack companies like Tesla, Warby Parker, BuzzFeed, Nest or Harry’s seek to ensure control by owning all layers. From R&D to marketing, from distribution to sales, these companies do it all. It’s a great way to keep profit in the family, yet it’s harder to scale and build.

Pour ce qui est des « vieilles » boites qui verticalisent leur chaine de production, l’auteur estime qu’elles auront plus de mal à grossir – scaler – que les interfaceurs. Ce qui n’est ni vrai ni faux : il est évidemment plus long et coûteur d’ouvrir une usine Tesla en Chine que de lancer une application dans le monde entier.

In the modern age, having icons on the homepage is the most valuable real estate in the world, and trust is the most important asset. If you have that, you’ve a license to print money until someone pushes you out of the way. So the question becomes, what are you going to do to stay there or get there? And once there, how do you exploit it?

Là où l’article dérape, c’est en concluant que la clef du succès est d’être sur une homepage de smartphone avec une interface cool. Cela peut être le cas pour quelques start-ups mais cela n’explique rien d’autre.

D’abord parce que sans produit il n’y a pas d’interface possible. On a beau adorer Capitaine Train, ils ne sont rien sans la SNCF. Uber ou Blablacar ne sont rien sans les particuliers. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Ensuite parce que l’infrastructure demeure la seule clef du succès. Que ce soit en terme d’entrepôts pour Amazon (voir à ce titre cette excellente conférence), de data center pour Google, de lignes de terre pour Verizon ou de savoir-faire industriel pour Apple. Que les marques soient digitales ou pas n’y changent rien. Ce n’est pas le succès planétaire de Whatsapp qui change les règles du jeu. Vous ne vous demandez pas pourquoi les investisseurs de Wall Street ne sont pas dans la Silicon Valley?  Ou pourquoi Warren Buffet n’a pas misé un kopek sur une seule boite logicielle?

Finalement parce que culturellement, la sharing economy (voir infra) ou la hype du data catching finira peut-être par passer. Parce que les utilisateurs AirBNB finiront par devoir déclarer au fisc leurs revenus, parce qu’on se rendra compte qu’au nom de la liberté d’entreprise Uber détruit nos emplois façon Mittal, parce qu’on finira par se rendre compte qu’aucune de ces boites ne génèrent d’argent autrement qu’en exploitant vilainement nos données perso.

Bref. Point de vue intéressant mais péremptoire ce qui en atténue la portée. Dommage. D’une fine analyse, cela devient un prêche.

Empty Pocket #3 : week 10

samsung-oscar

Some of the finnest articles from the week:

How did Samsung spend $20 Million on Ad Time and Got Product Placement for Galaxy Phone. Behind the Preplanned Oscar Selfie: Samsung’s Ad Strategy

Idling is the new leaning in. Recline!

“As far as we know, no one has ever done this before—putting together this many different franchises. We’re trying to build the AutoNation of the restaurant business.” From Tesla To Dunkin’ Donuts, One Firm’s Quest to Fine-Tune The World

The Internet of Things is real and growing, but the money will come neither from Internet nor the Things. Instead, the big money will derive from business services that pull data from those IoT networks. The Internet Of Things: The Real Money Is The Internet, Not The Things

How a Mormon kid from Utah cracked the code for producing adventure videos you can’t stop sharing. Devin Super Tramp: The Boy King of YouTube Huck Shots

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