On the magic of touch points and our ability to blindly believe what we’re be told

All+in+all+you+re+just+another+brick+in+the+wall

Even if channel planning holds a poor status of rational/boring activity within the industry, touchpoints are still hazed of a magic mist.

Here, the law of the instrument is roommating with cratylism (cf. this former article).

Besides strongly relying on things as they come, we confuse means and ends. We tend to think that mobile contents must be consumed on-the-go or hot content in-the-now. Thanks God, things are a bit more complex.

Messages and channels are not only means, they’re false means.

TV can be engaging (think about great commercials or second screen apps) where mobile can be top down (think about SMS, newsletter or emailing). Luxury brands talks irreverently, private labels adopt premium codes.

We shouldn’t curb our enthusiasm with false categories.

Great creativity happens by using and seeing things differently.

Fuck walls.

Qui est Bullmore? Un type bien, pour sûr. De la prise de recul sur les “nouveaux médias”

Capture

S’il est difficile de retrouver trace de ce Bullmore figurant sur une vieille slide Naked de 2005, ses mots n’ont rien perdu de leur intérêt.

D’abord parce qu’ils battent en brèche la vision d’internet ayant fait entrer la communication dans l’ère de l’usage (consécutivement à la découverte du bottom-up conversationnel au détriment du top-down de masse). Peu importe la période à laquelle cette phrase a été énoncée, elle est au moins aussi vieille que le web.

Ensuite parce qu’on imagine avec gourmandise se remémorer dans quelques années la manière de penser la pub sur internet de la même manière que certains pensaient la pub TV il y a 40 ans, ie. un RDV, une invitation des marques dans le salon des gens. N’est-il pas vrai que le gens choisissent la chaîne qu’ils regardent depuis plusieurs dizaines d’années? La communication choisie n’est pas née de la dernière pluie.

Finalement parce que cette citation rappelle qu’il existe au moins deux grandes manières de cibler : par audience ou par centre d’intérêt. Ce ne sont pas les seules, dieu merci. Ca méritait d’être rappelé :

“Ce qui fait marcher les femmes” d’Eram illustre doublement la caducité du coeur de cible : par le message et le moyen

identite composite personnalité MOS

Derrière une exécution assez moyenne, ce court métrage passé un peu inaperçu défend quelques chères valeurs.

Ce qui fait marcher les femmes raconte que chacun possède son propre rapport aux objets. Des fétichistes, des collectionneurs, des fonctionnalistes, des indifférents. Pas une personne n’achète pour les mêmes raisons ni de la même manière.

Mieux, la même personne peut répondre de plusieurs typologies d’achat (cf. cette brillante campagne Monoprix il y a quelques années). Il ne s’agit donc pas de réfléchir en “coeur de cible” et en “comportements dominants” mais de mettre en scène la mosaïque complexe des raisons d’achat pour laisser les gens s’y reconnaître.

Si la thématique du rapport personnalisé et des usages a le vent en poupe depuis une dizaine d’années (sous l’égide du développement du CRM dans les 90’s notamment), laisser à disposition ce contenu online est d’une sagesse assez salutaire : la marque n’impose à personne de consommer son message, seuls les curieux ou les intéressés s’en régaleront.

C’est un peu le mythe fondateur de la pub en ligne (et a fortiori du brand content) : le top-down est terminé, place à l’exposition choisie, à l’ère de la conversation.

Si le niveau de ce film Eram est un peu inférieur à ce à quoi la marque nous a habitué (exécution un peu cheap et argument parfois sexistes, un comble), ce mash-up de Plus belle la vie et de West side story  ne manque pas de fraîcheur, ne serait-ce que parce qu’il ne court pas (que) après le ROI, un peu comme les femmes Eram finalement…

Le nouvel âge d’or de l’artisanat signale la fin de l’effet de diligence digital

curiouser-conception-creative-technologist

Pas la peine d’avoir un oeil du lynx pour observer l’état des métiers artisanaux. Les secteurs primaires et secondaires pèsent moins de 20% des jobs en France et dans la plupart des pays occidentaux. A de rares exceptions près, ils peinent à recruter et suivent un inexorable déclin depuis des années.

Chaque tendance porte en son corollaire son opposé : on assiste à l’émergence de nouveaux avatars primaires et secondaires. De l’agriculture (urban gardening, AMAP, localisme, bio, etc.) et de l’industrie (makers, arduino, impression 3D, made in France, etc.). Le tertiaire n’est pas épargné par ce besoin de faire les choses (ou du moins de se les réapproprier, façon hacking).

L’exemple des entreprises ouvrant/soutenant des incubateurs est emblématique (même Seb a un fond d’investissement pour les startups de food!), cf. ce film incroyable pour celui de Nike :

La dématérialisation des biens de consommation qui fait suite à la standardisation globalisée des 50 années d’après-guerre est en train de générer un nouvel âge d’or – ou du moins un nouvel appétit – pour l’artisanat.

Chaque seconde nous rappelle aux limites du tout-industriel. Tout ne peut pas être dématérialisé. Même si demain nous téléchargeons nos maisons sur bittorrent, il y aura toujours besoin des gens pour fabriquer des prototypes.

L’émergence du métier de creative technologist est symptomatique de ce nouvel artisanat mêlant fabrication manuelle, création de service, design d’interface.

Au passage, on constate que cette discipline se joue des frontières de classification des métiers : le CT est primaire, secondaire et tertiaire à la fois. Cela fait partie des choses qui bougent sous l’impulsion du numérique.

Le CT est symbole de la maturité de la révolution digitale. Il en signale la fin de l’effet de diligence : jusqu’à présent, le digital copiait l’industriel. Désormais, c’est l’inverse. Même les artisans s’y mettent en partageant leurs modèles, leurs API, leurs techniques. C’est l’heure du crafting open source, incarné par des nouveaux espaces de créativité façon ICI Montreuil.

Les marques qui tirent leur épingle du jeu à notre époque ont compris la valeur d’une relation d’égal à égal avec les gens. Leur marketing s’en trouve changé. Les marques inspirent, stimulent, soutiennent. Le contraire des discours unilatéraux et autocentrés. Il ne s’agit pas uniquement de passer un vernis participatif sur la vieille pub mais d’envisager les milliards d’humains comme autant de sources d’innovation et de chiffres d’affaire. La relation est gagnant gagnant.

Donner les moyens aux gens de faire des trucs qui dépassent la frime et l’égotisme (l’apprentissage d’un savoir-faire, d’un métier, donner des idées, réhabiliter des matériaux…), voici un beau projet pour les marques.