Ce que Barack Obama apprend aux agences médias : la somme des minorités est supérieure à celle de la majorité

La question des communautés est un serpent de mer qui peine à pénétrer les océans des agences médias. Hormis quelques cas isolés, les outils des channel planners sont utilisés de manière massive. Rien n’empêche de les employer plus finement mais le modèle économique des agences conjugué à plusieurs années d’éducation à la puissance favorise le blitz au sniping.

Alors que la campagne présidentielle bat son plein outre-Atlantique, il est de bon ton de rappeler comment la victoire de Barack Obama en 2008 a tracé les contours du futur du mediaplanning et de la gestion des publics d’une marque. La fable de la victoire démocrate tient en une maxime (ayant le bon goût de résumer la philosophie du parti au logo d’âne) : la somme des minorités est supérieure à la majorité traditionnelle.

A partir des années 90, le poids démographique des minorités (hispaniques, asiatiques, afro-américains…) a dépassé celui des blancs protestants. A ce moment, l’équilibre bascule. Avant, il fallait convaincre les WASP pour reporter la partie. Après, c’est la somme des minorités qui assurent l’élection.

D’où la stratégie d’Obama (ou Gore ou Clinton avant lui) pensée comme une plateforme de communication capable d’activer de manière ad hoc chacun des motivations des communautés. D’où une approche très digitale car pratique pour disséminer des messages aux bonnes personnes.

Pour les marques comme pour leurs agences, le message est clair. Les clients historiques, emblématiques ou fantasmés (le fameux jeune cadre dynamique riche et blanc) d’une marque ne la font pas vivre. La croissance réside dans la compréhension des particularités et la capacité d’une marque à apporter une réponse adaptée à chacun. Les marques qui sauront respecter les personnalités et les communautés remporteront la mise. La somme des minorités est supérieure à la majorité traditionnelle.

PS : l’étude de cas vidéo de la victoire d’Obama, lauréate du prix Titanium & Integrated de Cannes en 2009 :

Mac ou PC ? Juste une bonne agence, merci !

Je réagis ce matin à un billet d’un anonyme hélvète, abordant sans complexe le vrai/faux débat-brûlant du T’es Mac ou PC? , à l’heure ou le switch tendrait à devenir un sport national (en particulier chez les étudiants).

Pour couper court à toute spéculation (je ne camperai devant un Applestore pour rien au monde) : je possède un vieux Powerbook G4 dont je suis trés content malgré son usure et je travaille au bureau sur un PC IBM pas non plus trés récent.

Sur des applications Windows, il va de soi que le PC est – au moins – aussi véloce que le Mac, sinon plus.  MS Office jouissant d’un monopole sans partage dans l’univers professionnel, utiliser un Mac ne revêt aucune forme d’avantage, sinon à travers quelques astuces un peu geek mais bougrement efficaces (je pense notamment aux raccourcis clavier).

Au bureau, les quelques rares utilisateurs d’OSX se réduisent dés lors aux techniciens et créatifs de tout poil travaillant dans l’univers de l’audiovisuel, de la création ou de la musique. Le reste du monde peut – à mon sens – se contenter d’un PC, l’immense majorité de la population bureautisée se contentant de quelques fonctions de base, indispensables pour rester à la page.

A la maison, même refrain : les 2 systèmes d’exploitation satisfont allégrement la plèbe à partir du moment ou Monsieur Machin peut consulter ses comptes ou ses emails.

Utilisateur aguerri des 2 plateformes, je ne vois aucune forme d’avantage absolu de switcher sur l’une ou l’autre machine sinon de répondre à un désir d’appartenance à une tribu ou tout simplement se la péter au square en faisant tacitement serment d’allégence à la puissance de feu du département marketing de Cupertino.

Pour terminer, je souhaiterai attirer votre attention sur un spectacle qui m’a défintivement peu réjoui récemment. Me laissant aller au visionnage d’un teen-movie de bas-étage (on a les soirées que l’on mérite), je fus frappé par la présence ostentatoire de pomme luminescente aux 4 coins du film. Le navet se termine, jusqu’ici tout va bien, le contrat du fou-rires-nerveux-et-un-peu-honteux est tenu. C’est quelques minutes plus tard que je tilt : le héros d’Accepted n’est autre que Justin Long, l’incarnation de la coolitude des pubs Get a Mac… Rien de révolutionnaire dans le landernau du product placement mais impossible cependant de prouver que Pixar ou une autre société de production détenue par Apple est derrière tout ça.

Les bogs sont un terrain de libre expression mais j’avoue que dans ce cas, je ne sais trop quoi en penser. Je vous laisse sur ces 2 extraits vidéo du petit Justin. Je songe de plus en plus à éditer une rubrique dédiée aux pervesions artistiques publicitaire les plus grossières.

Le trailer d’Accepted

Un des nombreux spots Get a Mac