10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #168

1. Quelques idées reçues historiques.

2. L’ancêtre du DVD fut en vinyle.

3. Le web design se compose à 95% de typographie. Merci Edouard 

4. De vilains sponsorings sportifs.

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5. Le langage utilisé dans les chansons d’Era est imaginaire.

6. Les Incroyables et Merveilleuses : le swag du Directoire.

7. Takeshi Kitano a inventé le jeu vidéo le plus dur du monde. Merci Simon

8. Le personnage de Guignol a été inventé par un dentiste pour distraire les patients durant les arrachages de dents.

9. Les médailles d’or olympiques de Sotchi contiennent des poussières de météorites.

10. Staples fait varier les prix de sa boutique de e-commerce en fonction de la proximité géographique des prospects avec un magasin concurrent.

Oui, la publicité est subliminale. Pourquoi les expériences de marque sont essentiellement invisibles.

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Pour ceux qui commencent à sentir mon goût pour l’inframarketing, voici un petite pierre supplémentaire à l’édifice.

Ce talk TED est une jolie allégorie du rôle de l’invisible dans la perception d’une expérience – cf. ces cas musique et typographie.

De la même manière qu’une expérience de marque est composée d’une somme de petits trucs, ce sont les choses invisibles qu’on remarque le plus.

On ne voit pas ce qui se trouve est en face de nous, pour une raison simple : ce qui est compris n’est plus à comprendre. Une fois que notre cerveau a assimilé une information, il passe en mode autopilote, c’est la démonstration magistrale de cet exposé :

J’aime imaginer que dans l’économie de l’attention, on se bat pour que les gens remarquent les quelques pourcentages visibles d’une expérience globalement invisible et infraordinaire.

Le béhaviorisme est le degré zéro de la compréhension humaine : de la vision de l’invisible

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Cette réflexion de Jonathan Ive sur les caractéristiques invisibles du design fait le jeu des poètes :

There are a lot of product attributes that don’t have sorts of measures. Product attributes that are more emotive and less tangible. But they’re really important. There’s a lot of stuff that’s really important that you can’t distill down to a number.

Passons outre la dimension émotionnelle de la perception d’un objet. Galvaudée et compliquée. Ce qui est intéressant ici, c’est la vision de l’invisible.

Personne d’autre que Ive n’est mieux placé pour mener ce genre de réflexion. Les produits Apple sont des exemples d’objets dont l’agrément dépasse l’entendement : harmonie des lignes, douceur du touché, formes pleines, couleurs douces.

En faisant en pas en arrière, l’invisible est le dénominateur commun du monde matériel.

Ce qui est visible est fruit du vide qui l’entoure. Le vide est notre moule. Le vide se mesure mal. Les premières découvertes scientifiques sur l’infiniment produirent un séisme ontologique.

Dans le dernier ouvrage de Thomas Jamet, Vincent Balusseau produit un chapitre d’anthologie sur l’ineptie des effets de champs au sujet de l’injonction à l’innovation des agences publicitaires et médias.

Cette réflexion sur l’invisible et l’intangible alimente le débat contre les thèses comportementalistes. Tout ne mesure pas. Nier cette évidence revient à nier le pouvoir du hors-champ en photographie ou en cinéma, nier l’érotisme de la lunette de soleil ou du maillot de bain. Pis, pour ceux qui ont fait un peu de théories de l’information, le béhaviorisme est le degré zéro de la compréhension humaine. Pavlov en est le meilleur représentant.

Chacun doit trouver son mode d’expression. Même en science, les méthodes expérimentales évoluent.

Tout ce qui se mesure n’est pas bon à être mesuré.

Comme dirait Claude Debussy : Music is the silence between the notes. Comme dirait Depeche Mode :

Signifier l’inoffensivité des médicaments

C’est en tombant sur cette affiche parodique sur l’excellent site 9gag que j’ai repensé à une particularité de la police de caractères Helvetica, traité lors de mon mémoire :

Le succès d’Helvetica – police crée au début des années 50 – tient en partie à un de ses usages bien spécifique : les laboratoires pharmaceutiques l’adoraient car d’après les tests cognitifs réalisés auprès des publics, Helvetica était la police la moins anxiogène (pour des malades, ça compte…)

La neutralité prétendue cette fonte – des milliers de mythologies existent – tient donc autant à ses usages (tiens tiens, encore eux!) qu’à sa conception…

D’autres posts reviendront sur l’histoire d’Helvetica.

Bonus : le proverbe de l’affiche vient de ce dicton britannique (image dénichée sur le blog de Mark Tungate)

Yourfonts: les geeks sont des tricheurs

Il aura fallu attendre tant de temps avant qu’un petit malin ponde LE projet : aider les cancres du monde entier à préparer leurs antisèches rapidement.

Je m’explique : Yourfonts est un site permettant de créer une police de caractère à partir de notre propre écriture. Vous ne faites pas le lien avec la triche? Tant pis pour vous.

Via : Eric