Les messageries sont-elles des réseaux sociaux?

Ce tweet de Mathieu Ott relatant la visite de Snapchat dans les locaux de BETC ne pouvait pas mieux tomber pour introduire la pensée du jour : les messageries instantanées sont-elles des réseaux sociaux?

D’abord, on remarque qu’elles ne figurent pas sur la liste consacrée de Wikipédia.

On note ensuite que cette liste fait état d’au moins une application originellement messagerie qui a depuis évolué : Sina Weibo, offrant des fonctionnalités plus proches de Facebook.

On se demande de fait pourquoi Wechat et Line – entre autres – ne figurent pas dans cette liste tant leur UX est cousine (même si on leur trouverait des singularités en les passant au microscope ; je vous vois venir). Pour rappel, ces apps de messageries asiatiques ultra populaires offrent une expérience basée sur un wall où les informations auxquelles vous vous abonnez apparaissent en temps réel.

Dans le cas de Snapchat, on comprend assez clairement leur ambition de se positionner sur l’image : en se rebaptisant Snap Inc (ils ont littéralement viré chat de leur nom), leur modèle publicitaire repose sur de la présence native – autant que faire ce peut – dans la rubrique discover plutôt que des bannos… On leur accorde donc le bénéfice du doute même si leurs utilisateurs s’en défendent.

« Snapchat est un moyen de communication facile et amusant, que j’utilise avec mes amis. Il reste toutefois un réseau social ». Source Les médias sur Snapchat Discover parlent-ils vraiment aux ados ? Les médias sur Snapchat Discover parlent-ils vraiment aux ados ?

Finalement le point qui empêcherait les messageries d’être des réseaux sociaux, c’est la sphère limitée d’influence que peuvent avoir les utilisateurs : elle ne dépasse pas son répertoire téléphonique, contrairement à Twitter ou Instagram. De fait, on ne peut pas avoir plus d’influence que son cercle social « dans la vraie vie ».

Un réseau social est-il un réseau qui nous permet d’élargir notre sphère d’influence ou de la maintenir en l’état?

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Voyage au milieu de l’enfer : la réalité des mises à jour informatiques pour les séniors

Cet été, je suis allé passer quelques jours chez mes parents.

Comme souvent lorsque vous êtes un millenial, vous êtes plus compétents que vos parents en informatique. Comme souvent, chaque rencontre est l’occasion d’aborder les derniers problèmes IT.

L’ordre du jour de cette visite concernait les mises à jour. Défendant leur intérêt indiscutable, mes parents, du haut de leur maigres – mais téméraires – connaissances IT, ont fait état d’un point auquel on ne pense pas suffisamment quand on a la « tête dans le guidon » : les mises à jour bouleversent un ordre établi.

Pour mes parents – comme pour d’autres n00bs – il est compliqué de s’habituer à de nouveaux écrans, de nouveaux usages, de nouvelles fonctionnalités. Lorsque cet environnement générateur de stress impose de surcroît des changements hebdomadaires ou mensuels, nous avons à faire à une situation qui parlerait à Sisyphe.

Pour les seniors, la philosophie always in bêta, c’est bêta.

PS : fun fact > bêta au sens idiot du terme est une dérivation de bête alors que bêta en informatique désigne une version b, aka. une version d’essai quasi finalisée. Leur étymologie donne envie de créer du lien mais il n’en est rien.

Les dark patterns sont une arnaque marketing mais cette vidéo est cool

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Un dark pattern, c’est un dispositif visant à produire un enchaînement d’action favorisant un comportement au détriment d’un autre. Exemple : les nudges sont des dark patterns. Ex2 : proposer un navigateur par défaut dans l’ouverture d’une fenêtre ou une option déjà opt-in dans un formulaire sont également des dark patterns.

Autrement dit, malgré son appellation constituant elle-même un dark pattern (un concept baked in comme dirait l’autre), le dark pattern peut servir de positifs desseins (mais comme les mecs de l’internet ne peuvent pas s’empêcher de sur-marketer tout ce qu’ils touchent, naturellement, ce petit recyclage devient un big deal.)

Bref, cette petite vidéo en liste tout plein.

En on appréciera au passage ce petit graphique sans source qui élucide le modèle économique des compagnies aériennes low-cost : 20% de leur fric vient du siège, tout le reste de produits périphériques (assurances, options diverses…).

Comment la pub et l’UX fonctionnent main dans la main

Les grandes différences entre l’experience design et la publicité (illustré par cet excellent exemple des desire paths) :

  1. L’UX roule à la data. Si les gens font quelque chose, c’est un enseignement. Pas une erreur d’appréciation. Dans la publicité, on se raconte un peu ce qu’on veut en se cachant derrière des variables de post-tests sans intérêt (suis-je heureux de produire un excellent score d’agrément pour une campagne au service du nucléaire? non.). Les brand trackers sont impossibles à analyser honnêtement par le seul  prisme de la pub.
  2. L’UX ne réfléchit qu’à court terme. Si un produit est mal utilisé, on ne se dit pas que les gens le comprendront dans 10 ans. La publicité a souvent pour enjeu de faire évoluer la perception des gens à un sujet qu’ils ne connaissent peut-être pas : rouler électrique, trier ses déchets, tartiner du goudron au petit déjeuner.
  3. L’UX s’inspire des réactions des gens pour adapter son produit. On peut alors lancer un produit non terminé et l’itérer en fonction des desire paths. Allez expliquer à votre DC qu’une campagne peut être lancée à moitié finie …

Tout ça pour dire que ces 2 disciplines ne sont pas ennemies mais alliées sur un consumer journey. La pub appâte et l’UX transforme. On n’a pas le même maillot mais on a la même passion : la conversion.

Et BETC Digital démocratisa le hamburger mobile

betc digital website

S’il ne fallait retenir qu’une chose du nouveau site de BETC digital, c’est le génie de son UX.

D’abord c’est un site mobile only, qui a le bon goût de reconnaitre les pratiques des gens plutôt que d’imposer des 16/9 dont on reparlera comme des vieux cons dans 5 ans (« tu te souviens quand on shootait en pano lol? »)

Ensuite c’est la première fois qu’on voit – ENFIN – un site mobile vraiment mobile, ie. dont le menu est situé côté pouce, pas en haut à gauche comme dans les vieux sites hérités du papier. Un mobile ça s’utilise à une main (généralement).

Finalement parce que c’est une entreprise formidable et que ses études de cas sont supers.