Et un truc de plus pour inciter les gens à passer du temps sur ton site

WaPo-reengage-tool

Trouvé sur le toujours très inspiré Digital Examples, ce cas d’auto relance des lecteurs sur le site mobile du WaPo est intéressant.

La fonction Re-Engage propose aux lecteurs des articles complémentaires quand “ils ont l’air de s’ennuyer”.

Le site détecte l’ennui des visiteurs par un temps anormalement long passé sur une petite quantité de texte.

Un peu le même genre que les bannières publicitaires proposant des articles complémentaires (façon Outbrain) sauf qu’ici, l’apparition de cette bannière est contextuelle + limitée à des contenus sur le site du WaPo.

On ne pense jamais suffisamment à l’enjeu de circulation des gens dans votre gamme. S’il est devenu universellement admis qu’une app c’est 1% d’acquisition et 99% de rétention, toutes les marques devraient penser de cette manière.

Dans le cas du WaPo il s’agit de faire passer du temps sur son site pour le monétiser (un KPI qui fait même foi sur les sites à longs contenus, genre The Economist) et générer des vues additionnelles.

Moralité : contrairement à la presse papier dont le job consistait à faire vendre un exemplaire (voire abonner les gens), la presse du le web ne doit pas se contenter de faire venir les gens chez elle mais surtout d’y passer du temps. Tout se joue après la porte d’entrée du magasin.

Ce qui se cache derrière les objets quotidiens : 2015 UXies Winners

Une compilation des lauréats des UX Awards.

Frais et divertissant.

Inspirant de découvrir d’autres dimensions méconnues de la communication.

Emojis de marques : va-t-on arrêter les conneries?

DOVE_love curve

Il y a quelques mois, les gens d’Unilever se sont rendus compte que les emojis ne présentaient jamais de visages dotés de cheveux bouclés.

Ce qui aurait s’arrêter à un mauvais insight se stagiaire est devenu une idée : le Dove Love Your Curls Emoji Keyboard, disponible gratuitement sur l’appstore.

Au-delà de l’argent monumental que va coûter la médiatisation de ce gadget, on retiendra le génie de l’expérience utilisateur proposée : téléchargement d’une app dédiée aux emojis bouclés, puis copie de l’emoji de votre choix, puis colle de l’emoji dans votre clavier (une compétence maitrisée par moins de 10% des utilisateurs de smartphones).

J’offre un repas à la première personne que je vois utiliser ce pensum.

Parfois, un bon vieux film fait el job (cf. la campagne Dove d’il y a 6 mois)…

Publicité en ligne : faut-il pisser contre le sens du vent?

La publicité sur internet traverse une crise de conscience.

La presse s’interroge, le patron de l’IAB se parjure et confesse que les optimisations réalisées ces dernières années ne valent pas la dégradation de valeur générée par l’industrie.

We messed up. As technologists, tasked with delivering content and services to users, we lost track of the user experience.

Ce document trouvé sur l’excellent Petit Web propose un bon condensé des dérives de la publicité en ligne : trafic fantôme, fausses impression, formats insupportables, montée en force des Adblockers, échec de la personnalisation

Pour autant, les dépenses internationales du display augmentent (notamment grâce à la vidéo), le digital est sur toutes les lèvres, il produit les plus grosses valorisations boursières (Uber = 20 fois la SNCF).

digital as spending share worldwide

La relation entre l’outil et la société est un immense champ d’étude des Humanités. Lorsqu’un outil produit un usage innatendu, il n’y a rien de plus difficile que d’en écarter les usagers. C’est la puissance des usages et des sentiers du désir.

De fait si les publicitaires utilisent la programmatique comme des crétins, que faire? Faut-il blâmer l’outil, les publicitaires ou le marché ? Faut-il légiférer? Faut-il adopter un code de déontologie?

Vous n’en croyez pas un mot et vous avez bien raison.

Le futur de la pub en ligne ressemble à un fast-food qui va supprimer énormément d’emploi. Ne pissons contre le sens du vent et inventons de nouveaux formats : services, contenus, expériences.

UX et retail : même combat

UX-CX-BX

Derrière l’uberisation, il y a la question de l’intermédiation.

Les champions de la nouvelle économie sont des intermédiaires. Qu’ils disposent d’une technologie, d’une interface, d’un slogan ou de n’importe quoi, ce sont avant tout des middle men. Toute la valeur de l’industrie du tertiaire se construit sur l’intermédiation.

De sa position intermédaire, la question de l’interface est décisive (mais pas suffisante ; qu’on s’entende bien) : en amont pour sourcer les produits et en aval pour distribuer, la valeur d’un intermédiaire dépend de la bonne gestion de sa chaine de production. Le graphique ci-dessus montre à quel point les différents type d’expérience sont naturellement imbriquées. Cela est vrai pour toutes les marques et encore plus pour les intermédiaires dont la valeur est interfacielle.

De fait, un intermédiaire de la nouvelle économie et de la vieille économie ont le même métier (faire se rencontrer une offre et une demande en prenant une commission via une création de valeur) et les même enjeux (se développer, se digitaliser, se cross-canaliser…).

Uber et Hertz ont le même métier et les même enjeux. Uber et Capitaine Train font le même job. Uber et un galeriste font le même métier : sélectionner des produits et les mettre à disposition d’une demande.

Dans la même ambition de rapprocher les disciplines, disons le haut et fort : l’UX est un sujet retail. On se souvient d’ailleurs à quel point ce document détaillant les enjeux du retail est un sujet UX (l’analogie entre les graphiques est criante).

retailxperience

C’est l’immense opportunité des distributeurs traditionnels qui maitrisent comme personne l’expérience produite par leurs magasins : via l’offre disponible, via les parcours proposés aux gens, via le service client…

En faisant un pas de côté il devrait rapidement se rendre compte que la nouvelle économie est un sujet de la vieille économie.