What Instagram taugh us about aesthetics consideration

Criticism has finally been vanished during the past few months, but these pieces of news were mandatory just 2 or 3 years ago.

Instagrams is killing photography

Photo filters are fake art

Is instagram ruining photography?

Neo vintage is the opposite of authenticity

bla bla bla shit shit …

As usual, the diligence effect wasn’t sweet to innovation. It stopped us for embracing new grammars and kept us in the past, as suggests Regis Debray.

Today, it’s almost impossible not to figure that photo filters deeply inspired photographs, from every region or every sort in the world.

Take these examples, extracted from my Feedly during the past weeks:

portraits 03-Colour new erotics

Cary_Fagan_Photography_01 Marianna_Jamadi_01 Mariell_Amelie_Photography_04 normengadiel14793017044 oasis desert

Next time you consider a new medium, think twice before shooting dumb things.

Le vintage est une réaction de rempli consécutive aux bouleversements de la propriété intellectuelle

Il est tentant d’expliquer la vogue du vintage par le simple prisme du marketing. D’abord les vêtements, les meubles, la décoration, puis les automobiles, les jeux vidéo, l’alimentation, les appareils photographiques… Toutes les catégories de produits s’inspirent petit à petit du vieux.

Néanmoins, le vieux ne remplace pas le moderne. Ils cohabitent.

Le vintage, c’est la timeline des marques.

On vend du moderne à des gens modernes et du vintage à des gens sensibles au vintage.

Last but not least, la pré-existence des modèles facilite grandement la re-commercialisation des modèles. Les coûts de développement sont quasiment annulés, l’erreur est autorisée. Quand on connait le taux d’échec de lancement (90% en FMCG) et le coût moyen de développement d’un nouveau produit (jamais moins de plusieurs millions d’euros), l’argument a de quoi séduire.

De fait, considérant que la plupart des produits vintage sont des produits iconiques, il y a de quoi s’interroger sur le parallèle frappant entre la mise en valeur de ces produits et le bouleversement que subit la notion de propriété intellectuelle. D’où l’hypothèse de cette note : le vintage n’est finalement qu’une réaction de repli face à ce que charrie le digital (creative commons, piratage, etc.).

Quelques vieilles idées de médias

A force de parler, d’entendre, de lire et de regarder des idées innovantes de dispositifs publicitaires, on finit par oublier que nos aïeux s’arrachaient aussi les cheveux pour inventer de nouvelles techniques publicitaires.

L’épreuve du temps ne leur a pas toujours donné raison mais un petit voyage dans le passé permet de faire quelques trouvailles surprenantes.

1. Des briques publicitaires : initiées par les architectes depuis la nuit des temps (pyramides, cathédrales, immeubles…), les signatures d’architectes et autres bâtisseurs signant les bâtiments ont inspirées ces briques. Si Vinci, Lafarge ou Bouygues ont besoin d’arrondir leurs fins de mois un de ces jours, qu’ils pensent à ouvrir une régie-brique.

2. Des cages à oiseaux brandées : à une époque où il était cool d’avoir un canari, quelques petits malins avaient pensé à brander les perchoirs… Twitter avant l’heure?

3. Un échiquier publicitaire : les idées les plus simples ne sont pas toujours pertinentes. Partant de l’observation que les joueurs d’échecs lorgnent longtemps et avec attention leurs positions, quelques ingénieux pubards y voyaient l’opportunité de commercialiser les 64 cases.

4. Des gobelets publicitaires : Cup Factory n’a pas inventé la poudre…

5. Des moleskines à marques : ou comment intégrer un message dans la vie de tous les jours des scribouillards.

6. Des savons magiques : entre la pub et les lessiviers, c’est un histoire d’amour séculaire. Avant les soap-operas, les ingénieurs avaient pensé à disposer une feuille au milieu des savons afin de faire apparaitre des annonces au fur et à mesure que le produit était utilisé.

7. Des chaussures imprimantes : gonflé et peu vraisemblables, ces chaussures peignant des slogans sur les trottoirs…

8. Un clean tag vintage : plus efficace que les chaussures steno, cette machine n’a rien à envier aux clean tags, fréquemment convoqués en street marketing.

9. Des miroirs publicitaires : faisant apparaitre des messages lorsque des personnes les regardaient.

10. Commercialiser les espaces des monuments : déjà imaginé pour la statue de la liberté à la fin du 19e, cette technique a fait des émules.

Source : HHCC , Adverlab

Un point sur les scopitones

On en entend parler à tous les coins de rue. En pleine vogue du low-tech, les branchés de France et de Navarre ne jurent que par lui. Même mon ami Alexandre, jamais à court d’idées, me faisait la réflexion récemment… Mais que sont les scopitones?

Les scopitones désignent à la fois des machines et des petits films. Elles ont jeté les bases des clips vidéos. Sortes de gros juke-box apparus dans les cafés en 1960, elles proposaient 36 petits films à l’esthétique très polaroïdesque. On gravait sur une bande magnétique une image filmée en 16mm puis on rajoutait du son au mixage. Les yéyés et autres chanteurs cools ont utilisé les scopitones pour bâtir leur notoriété.

Forcément, les résultats sont délicieusement surannés et authentiques.

Tété les a remis au goût du jour dans le clip de la chanson A la faveur de l’automne (3’15”):

A la faveur de l’automne
Tu redonnes
A ma mélancolie
Ses couleurs de super-scopitone
A la faveur de l’automne

Mareva Galanter lui consacre une émission sur Paris Première : Do you do you scopitone ?

Un festival leur est dédié dans la marmite culturelle nantaise, c’est le nom du club qui remplace le Paris-Paris.

Assez d’éléments pour qualifier le Scopitone de cool.

Qu’est ce que cela inspire?

  • L’émancipation des chanteurs pour ados des années 60 s’est faite par la technologie, au même titre que les SMS ont généré un langage vernaculaire (comprenez codé, donc communautaire) entre ados ;
  • Les technologies et le langage sont un système : la technique induit des nouvelles formes de langages (pensez à la contrainte des 140 signes) et le langage s’adapte à la techno (pensez aux mot poker qui devrait rentrer dans le Robert un de ces jours…)
  • Grâce aux scopitones, la musique n’est s’écoute plus, elle se regarde, elle se montre.
  • De fait, les scopitones développent la notion de look, illustrent de nouvelles danses et émancipent le corps (suintant la sexualité…)
  • Clou du spectacle : le développement des looks et des styles différents ont concouru à l’émancipation des communautés musicales : blousons noirs, yéyés, romantiques, surfeurs…

Pas de doute, le scopitone a sans doute joué un petit rôle dans les évènements de mai 68.

Quelques exemples de tribus scopitones cools :

La fille à Papa coquine (depuis Gainsbourg un an plus tôt) France Gall : Baby Bop

Les pro-ricains The Legendaires : Good for nothing Bill

Les blousons noirs et Gene Vincent : Peppermint twist

Les danseurs sexy et Stacey Adams : Pussycat a gogo

Pour une liste plus exhaustives : Wikipédia

Abbé Pierre 2.0 : à quand l’e-mmaüs?

Prenez un grand saladier durable : versez y 250 grammes de développement du troc et de la vente d’occasion, ajoutez un peu de tendance smart shoppers et un demi-litre de re-use/recyclage, mélangez avec deux cuillers de nouvelles solidarités et de communauté, émiettez une pincée de mode de vie locale, un soupçon de vintage, laissez cuire pendant 1 heure…

Voici la recette du gâteau célébrant les 60 ans d’Emmaüs, une association dont le rôle n’a jamais cessé de se renforcer. Aujourd’hui, elle colle aux dernières tendances de consommation post-crise.

C’est l’opération eBay Live IRL (in real life) qui m’y a fait penser. Si la boutique virtuelle eBay s’amuse à créer des structures de vente physique éphéméres, pourquoi le champion du débarras et des fripes ne lancerait pas une version électronique?

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L’article publié dans Le Monde Magazine de la semaine passée dressait un portrait élogieux du nouveau responsable de la structure parisienne : un jeune polytechnicien animé par la passion et le goût de la réinsertion. Actuellement cantonné (à Paris tout du moins) à un entrepôt dans le 14e arrondissement, Emmaüs devrait se développer et ouvrir des antennes locales dans d’autres arrondissements.

Nul doute que ces initiatives devraient rencontrer un succès qui conjugue plusieurs facteurs : le désir de vie locale, de reconnexion avec son quartier, de sociabilité, de récupération, de solidarité, de réinsertion, d’authenticité, de vraie vie… Une occasion en or de redonner du sens à sa consommation.

Qu’ils parlent aux hipsters, aux personnes dans le besoin ou aux bobos, les membres de la communauté des pèlerins d’Emmaüs n’en finiront jamais de nous surprendre et de nous aider à garder les pieds sur terre.

Certains regrettent l’existence de ces associations, y voyant le reflet de la déliquescence du lien social et l’échec d’une vision de la République. Je crois au contraire que ces structures sont indispensables et indissociables des sociétés développés. Si l’on s’en tient au système de la consommation selon Barthes, c’est grâce aux pauvres que les riches se sentent riches.

Il était temps de leur rendre hommage. Ils tiennent leur revanche sur la bourgeoisie.

Joyeux anniversaire.