Demain tous low-tech?

Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de constater un étrange phénomène, sans doute inhérent à l’abondance de produits technologiques dans nos vies : le développement du low-tech.

Certes, chaque tendance produit sa contre-tendance. Il est bien naturel que tout le monde n’adhère pas corps et âme à l’injonction technologique dont nous sommes les proies. Toutefois, il est amusant de remarquer comme le progrès passe parfois par une simplification – à outrance – des appareils, contrecarrant par là même un des textes favoris des geeks : la loi de Moore.

Nous apprenions pour commencer  il y a quelque jours que le disque vinyle marquait un retour inattendu dans le coeur des consommateurs. Bizarre mais pas saugrenu. Il existe depuis des lustres des adeptes de la galette noire, incapable de reconnaitre au compact disque les valeurs émotionnelles attachées au microsillon.

Vient ensuite l’univers de la photo. Tant il est vrai que l’appareil photo numérique est un des immenses succès technologiques de ce nouveau millénaire, on note que le Lomo, les Polaroïd voire même les Holga sont à la pointe de la hype. L’appareil photo jetable n’a de surcroit toujours pas disparu des bureaux de tabac (il doit dépanner les touristes en goguette).

Du côté des téléphones, on va passer sur la tendance vintage qui a réhabilité les cadrans rotatifs en bakélite orange. Les cartes téléphoniques ont bel et bien disparu de la circulation, en revanche le Bic Phone fait un tabac. Asus, le fabricant du EeePC a de ce fait annoncé sortir un EeePhone très bientôt, en réponse au trop plein de technologies embarquées dans les iPhone, Palm et autres BlackBerrys.

Les ordinateurs, ne sont logiquement pas épargnés par cette lame de fond commandée par les voies de la simplicité. Le EeePC au système d’exploitation simplifié cartonnent, Linux grignote progressivement des parts de marché et équipe l’Ordissimo, un PC à destination des seniors. Et si l’ordinateur ne se résumait pour une large frange de la population qu’à envoyer des mails et relever ses comptes?

Ce mouvement n’est pas réservé aux pourfendeurs de la technologie. En conclusion – provisoire – voici une tendance sur laquelle je reviendrai plus longuement : le steampunk. Pourquoi des fans de high-tech s’amusent-ils à détourner leurs appareils à la sauce Mad Max VS. Jules Verne? Qui se cache derrière ces grands enfants se réclamant d’une autre ère?

Un point sur le modding très bientôt.

Du nouveau du côté de la musique

Ce début d’année 2009 s’annonce faste en matière d’actualité musicale.

La start-up française My Major Company vient de lever 3 millions d’euros, avec l’appui de Stéphane Courbit, un business angel star des médias français. On se souvient de sa belle opération dans la revente d’Endémol (450 millions d’euros de plus-value selon Wikipédia). MMM produit son premier chanteur maison Grégoire qui aurait vendu environ 240 000 albums. Pas mal. J’en profite pour tirer mon chapeau à Simon – un ancien du Celsa – et Michaël qui lève haut les couleurs du dynamisme internautique en France.

iTunes a annoncé hier qu’il supprimait les DRM de ses morceaux vendus en ligne. Un pavé dans la mare chaudement attendu par les mélomanes wired. Concrètement, cela signifie qu’un acheteur de mp3 sur iTunes pourra échanger ses titres (8 millions d’ici fin mars) et les écouter sur plusieurs ordinateurs différents. Wal-Mart et Amazon avaient lancé l’offensive l’année passée.

Une critique en moins à l’adresse la firme de Cupertino : c’est un moindre mal compte tenu du piteux Keynote d’hier…

Pour terminer, une nouvelle (pas encore une tendance) qui réjouira les DJs et autres puristes : le disque vinyle est de retour. Près d’1,9 millions de galettes noires se sont échangées en 2008, contre moins d’un million l’année précédente. Moi qui regrettait l’ère des albums (si si, souvenez-vous, il y avait une suite logique entre les morceaux, une vraie trame narrative, un bel étui…), cela fait plaisir. 

2009 signera le retour du artwork !