La campagne Toyota Mirai avec Watson

Cas intéressant d’IA appliquée à la publicité.

Saatchi LA et Watson ont monté une campagne à 1000 accroches.

“Thousands of Ways to Say Yes” a commencé par la rédaction de 50 accroches par des humains. Watson les a étudié. Ensuite Watson est allé naviguer dans un corpus de sites au wording proche de la cible de geeks de la voiture.

A partir de ce moment Watson se met à écrire des phrases. L’humain réintervient pour “entrainer l’IA” pour lui indiquer les bonnes et mauvaises phrases.

Le résultat n’a rien de dingue mais pave la voie à des idées d’une nouvelle espèce.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #262

1. En moyenne, un supercalculateur d’un petaflop consomme autant qu’une ville de 10 000 habitants (autour de 5 mégawatts/heure).

2. Le mot paname dérive des chapeaux panama portés par les ouvriers durant les travaux du canal éponyme. Merci Victor

3. La plupart des grandes inventions ont été trouvées pour les usages handicapés : la machine à écrire pour permettre aux aveugles d’écrire ou le téléphone pour aider les sourds à communiquer.

4. Multiplier des chiffres. En mode chinois.

5. En Alaska, les légumes bénéficient d’un tel niveau d’ensoleillement qu’ils en deviennent géants.

6. Les sèche-mains Dyson sont un repère de bactéries.

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7. Ca c’est un type qui se fait larguer via son électrocardiogramme Fitbit (d’autres histoires cools ici).

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8. Les bouchons de voitures forment des ondes hydrodynamiques modélisables systématiquement.

9. [J’ai mis du temps à le retrouver] En réalité les narcissiques ne s’aiment pas mais cherchent à être aimés sans succès, donc en souffrent.

10. Don’t stop me now de Queen est scientifiquement la chanson qui rend le plus heureux.

La long data va-t-elle infirmer la maxime selon laquelle “le sens commun n’est pas si commun”?

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Cette citation de Voltaire résume un problème qui pourrait être résolu par la longue data : des données recouvrant une très vaste période (la population des 100 plus grandes villes du monde depuis 4000 ans, la température du pôle nord depuis un million d’années, le poids moyen des hommes depuis 150 000 ans…).

Aussi longues et difficiles à obtenir soient-elles, on peut espérer que des super ordinateurs couplés à des projets de convergence tels que Google ou Microsoft généreront des séries de données intéressantes.

Les datas ne pourront pas formuler d’idées à notre place ni réconcilier les gens mais un de leur bénéfice majeur pourrait être l’institution du bon sens. Voltaire disait “le sens commun n’est pas si commun”. La malédiction du savoir nous empêche de connaitre qui sait quoi et tend à nous inhiber.

La quantité d’erreur reproduite d’une génération à l’autre est à peine croyable : conflits armés, développement durable, innovations avortées, erreurs diplomatiques… C’est à se demander si les gens communiquent entre eux. Les économistes voient carrément des cycles tandis que les plus sceptiques évoquent l’éternel recommencement de la vie.

La long data pourrait nous donner un recul historique précieux sur les évènements : est-ce la première fois qu’une forêt brûle suite à une tempête tropicale? Quels sont les 5 signes infaillibles qui précèdent une intervention armée? La recherche s’est-elle déjà penchée sur telle ou telle hypothèse?

Imaginez si l’humanité bénéficiait de la même expérience historique.

Cela saperait sans doute énormément de la poésie de la vie mais changerait assurément notre perspective sur le monde… Choisis ton camp :

Souhaites-tu devenir un joueur d’échec (sans mauvais jeu de mot) ?

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Outre le génie publicitaire d’IBM avec les projets Watson ou Deep Blue gît une question inquiétante : peux-t’on programmer nos vies?

Si l’on en croit cet article, l’intelligence de Watson appliquée à la médecine pourrait transformer le superordinateur un médecin de premier choix. De la même manière qu’on peut expliquer à un gros PC que les échecs se composent de quelques milliers d’ouvertures suivies de X combinaisons possibles, un ordinateur peut faire des pronostics sur les symptômes d’un patient après avoir été renseigné sur X variables.

C’est le principe de l’automatisation d’une tâche : ludique, désintéressée, professionnelle, inédite. Peu importe. De là à automatiser une partie de nos boulots il n’y a qu’un pas. C’est ce que craignent aujourd’hui les ouvriers du sectaire secondaire, c’est le présent et l’avenir du tertiaire.

Dès lors, il ne s’agit pas de lutter contre le cours inexorable de l’histoire mais d’en reconnaître les forces et les faiblesses pour mieux s’en accommoder. Admettre que l’intelligence artificielle est un phantasme cheap et sans âme. Chaque crise est une opportunité. Ici, l’automatisation redonne une chance aux gens de valoriser leurs opinions, leurs différences, leurs points communs et leurs divergences.

Une machine n’a aucun jugement, elle ne peut dépasser ce pourquoi elle a été programmée. La beauté et l’intelligence est humaine.

En somme, la vieille distinction entre matheux et littéraires n’est pas prête de se tarir.

Un joli coup pour Jeopardy? Élémentaire mon cher Watson !

Depuis quelques jours, le monde s’emballe pour Watson, le nouveau superordinateur IBM. Programmé durant des centaines de milliers d’heures pas des ingénieurs chevronnés, cette machine relaye Deep Blue dans la réalisation d’un fantasme humain vieux comme le canard de Vaucanson : fabriquer une machine plus intelligente que l’homme.

D’innombrables questions refont surface : faut-il se méfier de l’informatique? La machine finira-t-elle par dominer les hommes? Bla bla bla.

Outre l’extrême difficulté de programmer une machine capable de comprendre que la valeur de la connaissance réside moins dans la performance pure que dans la capacité à mobiliser le savoir dans un contexte donné, IBM sert cordialement la soupe à une institution US de l’entertainment : Jeopardy.

IBM s’est mis en tête de détrôner les meilleurs joueurs de Jeopardy avec son nouveau joujou, façon match d’échec contre Garry Kasparov en 1997, à une différence près. Le géant de l’informatique s’attaque cette fois à une marque…

Il y a 15 ans, la confrontation homme-machine ne faisait la publicité que d’IBM et du champion, sur fond de relents post-guerre froide. Aujourd’hui, le fabricant s’associe à une émission pour jauger les compétences de sa bête.

Certes, le monde émerveillé découvrira sans doute les nouvelles aptitudes du robot mais l’intérêt de cette communication n’est-il pas ailleurs? A savoir dans le choix d’un jeu télévisé comme mètre-étalon de l’intelligence humaine. Pour Jeopardy, c’est une excellente opération… Une très belle preuve, semblable dans le fond au projet Rocket Project Sony.

Je vous laisse découvrir cette petite vidéo de présentation de l’opération, digne des meilleurs teasers publicitaires :