La décentralisation souhaitée par les crypto-monnaies est-elle un danger pour les états?

Il y a quelques jours Le monde publie un riche portrait de Vitalik Buterin, l’inventeur de l’Ethereum, une crypto-monnaie concurrente du bitcoin.

Deux éléments m’inquiètent dans cet article. D’abord la genèse de son invention :

Il confie d’ailleurs que la création d’Ethereum a germé dans son esprit à la suite d’un événement traumatisant pour lui : en 2010, la société propriétaire de World of Warcraft modifie la règle du jeu (en limitant les super-pouvoirs d’un sorcier), sans consulter les fans : « J’ai longuement pleuré avant de m’endormir, et ce jour-là j’ai découvert les horreurs provoquées par les systèmes centralisés. Peu après, j’ai décidé d’abandonner ce jeu. »

Autrement dit Vitalik se méfie des systèmes centralisés, aka. états ou institutions.

Ensuite son affinité politique :

Il se définit comme un cuckservative (terme inventé par les militants d’extrême droite américains pour désigner les conservateurs modérés contaminés par les idées libérales).

On a donc à faire à un Pether Thiel bis qui cherche à améliorer le monde en se débarrassant des instances traditionnelles de contrôle, comme la plupart des libertariens de la Valley.

Je n’avais jamais analysé l’obsession de la décentralisation des crypto-monnaies de cette manière.

Décentraliser c’est tout simplement supprimer les instances de contrôle au bénéfice d’un algorithme qui gèrerait soi-disant de manière neutre la société comme de la bande passante, tandis que les sujets vaqueraient à leur occupation, quels que soit leur nature.

Désolé mais merci non merci.

Voici l’article complet :

Fermes humaines, données personnelles et tapins : comment nous gagnerons notre vie demain

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Cet article a été rédigé dans le seul but d’utiliser cette image de prime qualité

La slide 79 du panorama des choses à surveiller JWT est vraisemblable mais dingue.

Partant de l’observation que les datas vont prendre une importance grandissante, les gens vont se mettre à commercialiser leurs données personnelles. A l’heure du big data, le moindre fait et geste a une valeur : une session de navigation e-commerce, une heure en hypermarché sous GPS, le carnet de bord des démarches précédant l’achat d’une auto, une partie de jeux vidéo, une visite médicale, l’enregistrement d’une nuit d’amour…

En étant malins, nous pourrions passer du statut de produits (à la solde de services qui exploitent aujourd’hui nos données) à celui de producteurs.

De là à imaginer le développement d’écuries ou de fermes humaines (cf. jeux vidéo façon World of Warcraft) il n’y a qu’un pas. Un peu comme si tout le monde devenait sportif de haut niveau.

Qui seront les agents, les imprésarios de nos revenus de demain? Serons égal face à la production de données ? Une donnée de pauvre aura-t-elle la même valeur qu’une donnée de riche?

On se moquait de mechanikal turk mais finalement, nous sommes tous des ouvriers. Faisons ce qu’il faut pour chacun ait sa chance dans cette nouvelle donne.

C’est quoi un machinima?

La machinima désigne deux choses à la fois. Une technique et un résultat, soit un moteur 3D et un film réalisé avec ce moteur…

Le développement du jeu vidéo et des FPS (first person shooter = jeu en visée subjective) a largement participé à l’émergence de ce style artistique, emblématique d’usages user-generated.

Lire la suite « C’est quoi un machinima? »

Les jeux vidéos dans la vraie vie

Il y a quelques mois, Electronic Arts répond de très belle manière à un bug de ses jeux de golf, décrié par ses consommateurs. EA sort un film où Tiger Woods marche sur l’eau (cette idée prend un brutal coup de vieux compte-tenu de l’actualité…)

En Allemagne, on assiste depuis quelques semaines à une forme de réaction analogue. Face à la fronde des associations de familles contre les jeux vidéo violents, un collectif d’artistes s’amuse à détourner des affiches dans la rue. Le procédé consiste à coller l’interface du jeu Doom (un jeu de tir en vue subjective) sur des panneaux publicitaires.

Outre la modernité très 00’s du détournement publicitaire, il est amusant de constater comment les jeux vidéos s’invitent dans la vraie vie.

Une fois passée barrière de l’adoption du jeu (parfois aidée par une campagne de Familles de France), on voit apparaitre du vocabulaire (cf. langages vernaculaires des jeux en ligne par exemple), des communautés physiques (cf. Zombie parade ou soirées Wow dans des bars), des t-shirts reprenant des gimmicks visuels (logo atari, système de vies) puis des éléments de sens réutilisés.

La référence est pointue mais le message passe bien, on imagine assez facilement que les médias ont joué le rôle de vulgarisateur auprès des publics non-initiés.

Quelle sera la prochaine étape? Une mention game over à la fin des films? Des débats politiques dans Wow? Une guilde se présentant aux élections?

Plus d’images ici.

Via : Fluctuat et Ufunk

Comment Internet aide les dictatures

Evgeny Morozov parle des dangers du web avec un angle inédit.

Selon lui, les rebellions sur Internet sont un fantasme. Dans les faits, le web permet de tout contrôler.

Quand on y repense, cela n’est pas totalement faux. La censure touche de nombreux pays mais quelques exemples récents ont prouvé que le peuple pouvait se jouer des jougs gouvernementaux pour faire éclater la vérité. On se souvient du Sichuan où les citoyens ont couvert l’actualité avant les médias officiels. Dans ce genre de situation, l’Etat ne pouvait pas censurer compte tenu de la réactivités des réseaux sociaux.

On peut encore arguer que les censeurs les plus hardcores (qui a dit Chine) prennent parfois des mesures radicales pour contrer les populaires. Twitter a été bloqué 2 jours lors de la célébration des 20 ans de Tian’anmen. Cependant, dans d’autres cas, les gouvernements laissent couler : Iran, Moldavie, etc.

Pourquoi? Et si ce phénomène était une aubaine pour les censeurs ? Clotilde Reiss a bien permis à l’Iran de récupérer quelques affreux jojos… La souplesse numérique peut constituer une monnaie d’échange intéressante…

En outre, l’autorisation des outils de communication permet de créer l’illusion que les citoyens sont libres. Par ailleurs, cette liberté est bénéfique d’un point de vue diplomatique, elle donne aux autres pays du monde une image exemplaire…

Ce que certains appellent la « révolution démocratique » serait un outil de contrôle. Internet permet de surcroit d’aliéner les masses. Ce nouvel opium du peuple qui garantit la paix sociale (la seule révolution possible aura lieu dans le monde virtuel de World of Warcraft…)

Amis paranos du soir, bonsoir !