Shift from search to discovery (l’histoire des réseaux sociaux).

Croisé dans une conférence il y a quelques semaines, cette citation de Facebook en dit long sur la monétisation du web.

We are shifting from search to discovery.

Facebook le dit, mais à peu près tous les autres réseaux sociaux l’ont dit à un moment ou à un autre pour expliquer l’arrivée du contenu sponsorisé dans les feeds des utilisateurs.

Et à partir du moment où les acteurs du web qui vivent de la publicité en ligne décident d’outrepasser le dogme originel du web (en endroit où je vais chercher des choses, pas un endroit où je suis interrompu), c’est la porte ouverte à tout.

Hier des contenus sponsorisés.

Aujourd’hui des bannières et des vidéos.

Demain des applications commerciales ou bureautiques.

Et une entité qui interrompt avec succès, c’est une application qui passe sur le haut de la pile et se rend indispensable. Voilà pourquoi Facebook va petit à petit lancer un OS et peut-être un jour du hardware.

Voilà pourquoi Microsoft souffre, Google souffre, Yahoo meurt.

Les acteurs 0.0 voire 1.0 du web souffre la surcouche sociale qui bouffe le monde en recréant avec talent une logique de grille de chaine de TV ultra fidélisante.

La long data va-t-elle infirmer la maxime selon laquelle « le sens commun n’est pas si commun »?

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Cette citation de Voltaire résume un problème qui pourrait être résolu par la longue data : des données recouvrant une très vaste période (la population des 100 plus grandes villes du monde depuis 4000 ans, la température du pôle nord depuis un million d’années, le poids moyen des hommes depuis 150 000 ans…).

Aussi longues et difficiles à obtenir soient-elles, on peut espérer que des super ordinateurs couplés à des projets de convergence tels que Google ou Microsoft généreront des séries de données intéressantes.

Les datas ne pourront pas formuler d’idées à notre place ni réconcilier les gens mais un de leur bénéfice majeur pourrait être l’institution du bon sens. Voltaire disait « le sens commun n’est pas si commun ». La malédiction du savoir nous empêche de connaitre qui sait quoi et tend à nous inhiber.

La quantité d’erreur reproduite d’une génération à l’autre est à peine croyable : conflits armés, développement durable, innovations avortées, erreurs diplomatiques… C’est à se demander si les gens communiquent entre eux. Les économistes voient carrément des cycles tandis que les plus sceptiques évoquent l’éternel recommencement de la vie.

La long data pourrait nous donner un recul historique précieux sur les évènements : est-ce la première fois qu’une forêt brûle suite à une tempête tropicale? Quels sont les 5 signes infaillibles qui précèdent une intervention armée? La recherche s’est-elle déjà penchée sur telle ou telle hypothèse?

Imaginez si l’humanité bénéficiait de la même expérience historique.

Cela saperait sans doute énormément de la poésie de la vie mais changerait assurément notre perspective sur le monde… Choisis ton camp :

Lycos est mort

C’est une page de notre jeunesse qui se tournait en fin de semaine. Le moteur de recherche Lycos a fermé ses portes. Il emporte dans sa tombe l’un des marronniers des discussions we are the 90’s : Caramail.

Lycos n’aura jamais réussi à refaire son retard face à Hotmail, Yahoo ou Skyblog.

Pour le plaisir, voici un spot datant d’une ère glorieuse où une entreprise française pouvait s’offrir Kournikova en télé ET aux Etats-Unis…